Partager la publication "Maison du Bitcoin : la monnaie virtuelle pour les nuls"
Dès l’inauguration, un groupe de « super-mamies du net » avait fait sensation en venant se renseigner et convertir des Bitcoins. De quoi ravir les deux fondateurs, dont l’objectif affiché est d’ouvrir le lieu à tout ceux qui ne suivent pas la monnaie virtuelle depuis sa création, en 2009. « On ne voulait pas d’une cave sordide, explique Thomas, on voulait sortir de l’aspect underground, avoir vraiment pignon sur rue pour permettre à n’importe qui de franchir la porte». Et de la cave sordide il n’en est rien : 220m², sur deux niveaux ; des locaux clairs, spacieux et conviviaux. Entièrement vitrés, ils facilitent l’entrée de la lumière comme celle des badauds. Depuis son ouverture le 13 mai dernier dans le 2ème arrondissement de Paris, la Maison accueille une cinquantaine de visiteurs par jour.
De l’explication à la démonstration
Pour entrer dans la communauté des usagers du Bitcoin, il faut commencer par se créer un compte sur la plate-forme en ligne ; Ludovic se colle immédiatement à la tâche. Une fois son adresse personnelle créée, il télécharge l’application Bitcoin sur son smartphone : il vient d’obtenir son premier porte-monnaie électronique (ou wallet), dans lequel il pourra stocker son argent. Ce compte en ligne repose sur le « pseudonymat » : le titulaire est identifié par une adresse personnelle et publique, mais non nominative. Ludovic et Adrien, son tuteur du jour, se rendent ensuite au distributeur / convertisseur, le seul en service en France. Après avoir scanné le « QR code » de son porte-monnaie virtuel, Ludovic insère, tant bien que mal, un billet de 5 € déchiré. L’argent est immédiatement converti et envoyé sur son compte en ligne.
Dessine-moi l'éco : le bitcoin est-il une… par Dessinemoileco
Passer du virtuel au réel
Il n’a pas été trop difficile de convaincre les commerçants du Sentier à passer au Bitcoin. Le quartier est l’un des plus dynamiques en matière d’innovation : il accueille déjà la Gaité Lyrique, la Paillasse et le Numa. Si la Maison du Bitcoin cherche à conquérir les néophytes, la proximité de ces lieux leur permet de commencer par capter un public déjà sensibilisé. Elizabeth et Ludovic en sont un bon exemple : « On sortait du Numa quand on a vu qu’une Maison du Bitcoin avait ouvert juste en face. Comme on en discutait ce midi à table, on est entrés prendre des informations ».
« Pas des escrocs »
Au delà de sa face sombre, le Bitcoin draine toute une nouvelle économie légale. « On veut montrer au public que les personnes qui travaillent dessus ne sont pas des escrocs », plaide Thomas France. C’est l’une des raisons pour lesquelles la Maison du Bitcoin accueille des startups qui développent des produits liés aux crypto-monnaies. Parmi les entreprises hébergées, plusieurs contribuent à sécuriser le réseau. Par exemple, en créant un système de sécurisation de Bitcoin sur carte à puce ou encore un système de séquestre pour les paiements de particulier à particulier. Les maîtres des lieux ont l’ambition de rattraper le retard de la France dans ce domaine en accompagnant les futurs acteurs majeurs de l’écosystème du Bitcoin. « En France, on a déjà les compétences en ingénierie, en informatique, en mathématiques… », estime Thomas France. Il ne manquait plus qu’un lieu comme celui-ci pour que les spécialistes de l’univers des monnaies virtuelles puissent travailler de concert. Et, au passage, dispenser des formations théoriques et pratiques aux entreprises intéressées.
Selon les fondateurs, « l’avènement du Bitcoin marque le début d’une révolution industrielle presque aussi forte que l’apparition d’Internet ». Après sa formation éclair, Elizabeth s’amuse elle aussi à imaginer comment cette innovation pourrait révolutionner son quotidien. « Je suis artiste peintre et, bientôt, je pourrai imprimer mes toiles avec une imprimante 3D et les revendre sur Internet en Bitcoins ! »
A lire aussi sur Wedemain.fr : « Bitcoin » : la monnaie virtuelle en pleine folie spéculative
Elisabeth Denys
Journaliste web / We Demain
@ElissaDen
Le biomimétisme, ou l'art d'innover en s'inspirant du vivant, offre des solutions aussi ingénieuses qu'économes…
Cofondateur de la marque de vêtements techniques Lagoped, Christophe Cordonnier défend l'adoption de l'Éco-Score dans…
Chaque année, comme un rituel bien huilé, le Black Friday déferle dans nos newsletters, les…
Fondé par une femme, Jay Graber, le réseau social Bluesky compte plus de 20 millions…
À la COP29 de Bakou, les pays en développement attendent des engagements financiers à la…
Pourquoi et comment un groupe français de services numériques décide de mettre la nature au…