Redécouvrir le temps de ne rien faire : allongé dans l’herbe, l’enfant se reconnecte au rythme de la nature. Crédit :
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Si on les écoute, les Français aiment la nature. Elle est un refuge, une évasion, une source de bien-être. Ils sont 70 % à affirmer qu’ils s’y sentent bien et qu’elle fait partie de leur identité. Mais dans les faits ? La nature semble plus une aspiration qu’une réalité… Seuls 35 % passent plus de cinq heures par semaine dehors, révèle l’étude Epsilon* réalisée pour l’Université de la Terre, qui se tient à la Maison de l’Unesco à Paris les 14-15 mars et dont WE DEMAIN est partenaire. Pire, 22 % déclarent y consacrer moins d’une heure hebdomadaire. Un hiatus flagrant entre le discours et la pratique, donc.
Derrière ce décalage, un coupable tout trouvé : le manque de temps. Travail, obligations familiales, contraintes du quotidien… 63 % des Français expliquent que leur emploi du temps ne leur permet pas de profiter pleinement des espaces naturels. Un constat encore plus marqué chez les 25-34 ans et les parents d’enfants en bas âge. Ajoutez à cela les conditions météorologiques et la distance parfois dissuasive entre leur domicile et des espaces naturels, et la boucle est bouclée.
Ce qui motive les sorties en plein air ? Se ressourcer (74 %), s’émerveiller (69 %), respirer un air plus pur (68 %). Étrangement, “fuir la ville” n’arrive qu’en fin de classement. Preuve que le désir de nature n’est pas forcément une désertion urbaine, mais une recherche de mieux-être.
Et si 88 % des sondés rêvent d’y passer plus de temps, les freins sont bien réels. La peur, notamment, joue un rôle non négligeable : les femmes et les jeunes adultes (15-24 ans) évoquent un sentiment d’insécurité dans la nature. L’isolement inquiète, tout comme le manque de connaissances des lieux. La peur des animaux, notamment des insectes, une nature parfois imaginée comme “sale”… la biophobie se répand, en particulier auprès des plus jeunes. Un frein qui explique pourquoi les forêts et les jardins restent les espaces les plus prisés : ils sont familiers, balisés, “sécurisés”.
L’étude met aussi en évidence un fait troublant : bien que convaincus de l’importance de la nature, les Français perçoivent peu son déclin. Moins de la moitié des sondés considèrent que l’érosion de la biodiversité a un impact sur leur vie quotidienne. Ce chiffre tombe même à 36 % lorsqu’il s’agit de l’état des milieux naturels autour de leur commune.
Pourtant, les effets positifs du contact avec la nature sur la santé ne sont plus à prouver : diminution du stress, réduction des risques d’obésité, stimulation de la créativité, renforcement du système immunitaire… Une équation simple qui ne semble pourtant pas se traduire par des actions concrètes.
C’est tout l’enjeu de “1-2-3 dehors”, une initiative lancée lors de l’Université de la Terre. L’objectif ? Inciter à une reconnection progressive et consciente avec le vivant, en intégrant la nature dans le quotidien. Trois niveaux d’implication sont proposés :
L’enjeu n’est pas uniquement personnel. En recréant du lien avec la nature, on renforce aussi les comportements écologiques. Une sensibilisation qui commence par le simple fait de (re)sortir.
Le constat est clair : si les Français veulent plus de nature dans leur vie, ils doivent aussi changer leur rapport au temps. Réintégrer ces instants en plein air ne doit plus être un luxe, mais une nécessité. Car au-delà des chiffres et des bonnes intentions, une question demeure : à quoi ressemblerait une société qui n’a plus le temps de regarder un arbre pousser, ou même une pâquerette ?
* Étude réalisée auprès d’un échantillon de 1 000 Français représentatif.
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