Partager la publication "Méditerranée : une mer en surchauffe à plus de 30 °C en Corse"
Il n’y a pas que les terres qui souffrent des températures très élevées en Europe. La surface des eaux de l’océan Atlantique et de la mer Méditerranée est également victime de ces anomalies thermiques. Des exceptions qui n’en seront bientôt plus au rythme où le réchauffement climatique bouleverse nos habitudes. Depuis plusieurs jours, la surface de l’eau dans certaines zones de la Méditerranée frôlent ou dépassent les 30 °C. Au large de la Corse, auprès d’une bouée située à l’Est de l’île de Beauté, ce niveau de chaleur a été atteint hier, dimanche 24 juillet.
“L’anomalie thermique de la Méditerranée occidentale est exceptionnelle”, précise Keraunos, l’Observatoire des français des tornades et orages violents, qui ajoute que ces températures sont “supérieures de plus de 5° aux normales”. Au niveau de la bouée d’Alistro, il a bien été enregistré un pic de températures à 30,7 °C aux alentours de 17h30-18 heures hier. Des niveaux similaires avaient déjà été enregistrés quelques jours plus tôt, le 22 juillet dernier.
Située à 30 kilomètres au large de la plage de la Marana (près de Furiani et Bastia au nord-ouest de l’île), cette bouée a encore enregistré des données records aujourd’hui. Ce lundi 25 juillet, la température de 30,1 °C a été relevée à 14h30 et 20,2 °C à 16h. Ces hausses inhabituelles de températures sont la conséquence des nuits tropicales enregistrées depuis le début de l’épisode de canicule sur la Côte d’Azur. En outre, depuis le 30 juin, la température n’est pas descendue en dessous de 20 °C sur le pourtour méditerranéen.
Mais ce n’est pas la seule zone qui pâtit des différentes vagues de chaleur qui se succèdent cet été. Comme le montre cette carte, c’est quasiment l’ensemble de la Méditerranée qui oscille entre 28 et 30 °C. Un pic est constaté au large de la Tunisie, au niveau de Sfax, mais aussi tout à l’Est. Du côté de Chypre, le long des côtes turques, libanaises, israéliennes et égyptiennes, la mer aussi est en surchauffe.
À l’aide des relevés de températures réalisés par le CMEMS entre 1993 et 2020, le Copernicus Marine Service Information a établi une grande tendance sur les températures à la surface de l’eau. Le constat est clair. En Méditerranée, il a été observé “une tendance générale au réchauffement, allant de 0,001 °C/an à 0,064 °C/an“. Cela concerne notamment le bassin oriental et central de la Méditerranée. “En particulier, la mer des Baléares, la mer Tyrrhénienne et la mer Adriatique, ainsi que le nord des mers Ionienne et Égée-Levantine”. Sur certaines zones, la hausse en 28 ans est de plus de 1,2 à 1,4 degrés en moyenne en cumulé.
Les températures de surface en Méditerranée ont enregistré une hausse constante depuis le début des années 80. Avec une accélération notable depuis le début des années 2000. Ces hausses reflètent les multiples vagues de chaleur et le réchauffement constant des températures sur le pourtour méditerranéen. Cette zone se révèle donc être un véritable hotspot du réchauffement climatique en Europe.
Ces températures élevées à la surface de l’eau en mer Méditerranée pourraient bien laisser présager d’importants épisodes cévenols ou méditerranéens et à des medicanes ces prochains mois. Ce phénomène météorologique se produit le plus souvent à l’automne. Il se forme quand le vent chaud et humide en provenance de la Méditerranée se dirige vers le nord, bute contre un massif montagneux et rencontre l’air froid présent en altitude. Des nuages chargés de pluie se forment et restent piégés à cet endroit. Pour l’épisode cévenol, il s’agit du massif montagneux des Cévennes, dans le Massif Central, entre la Lozère et le Gard. On parle d’épisode méditerranéen quand cela concerne les reliefs de l’arrière-pays méditerranéen (Alpilles, etc.).
Cela déclenche des orages violents et localisés qui peuvent créer des inondations très importantes car s’ensuivent des pluies diluviennes (plus de 200 mm de précipitations en 24 heures). Et donne lieu à des catastrophes comme celle, mémorable, de Vaison-la-Romaine en 1992 (150 mm de pluie en 2 heures). On se souvient aussi d’un épisode cévenol particulièrement long en novembre 2011. Pendant 9 jours, il a plu à verse dans les Cévennes. À certains endroits, ce sont pas moins de 800 mm d’eau qui se sont déversés. À titre de comparaison, en moyenne, il pleut 750 mm d’eau par an en France. Enfin, en septembre 2014, l’Hérault – et notamment Montpellier – a enregistré 300 mm d’eau en seulement 3 heures.
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