Alliance du Fabriqué en France : quand patronat et syndicats s'unissent pour reprendre la main
Produire localement, c’est réinjecter davantage de valeur dans l’économie française.
Produire en France, ce n’est plus un slogan marketing mais un enjeu de souveraineté économique, sociale et démocratique. Lancée fin janvier 2026, l’Alliance du Fabriqué en France veut transformer ce constat en levier d’action, en commençant par la commande publique.
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Ils n’ont ni le même langage, ni les mêmes intérêts immédiats, ni les mêmes histoires. Et pourtant, ils sont assis à la même table. Ce mercredi 28 janvier 2026, au Conservatoire national des arts et métiers, la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) a officiellement lancé l’Alliance du Fabriqué en France, une coalition rassemblant organisations patronales, syndicats de salariés et acteurs de la certification du Made in France. Objectif affiché : enrayer la désindustrialisation du pays, qui marque le pas depuis 2024, et remettre la production nationale “en haut de la pile des priorités économiques”.
L’alliance réunit notamment la CPME, la CFE-CGC, la CFTC, Origine France Garantie, des réseaux d’entreprises du patrimoine vivant et d’anciens responsables publics. Une configuration suffisamment rare pour être soulignée : ici, employeurs et salariés parlent d’une même voix. Le point de départ est brutalement concret. Seulement 20 % des textiles et objets promotionnels des Jeux olympiques de Paris 2024 ont été fabriqués en France. Des dizaines de millions d’euros de commandes publiques sont partis à l’étranger, principalement en Chine. “Une anomalie flagrante”, selon Olivier Ducatillion, président de l’Union de l’industrie textile, et porte-parole de l’Alliance du fabriqué en France. Et ce, dans un contexte où la balance commerciale française reste durablement déficitaire.
Les coûts cachés de l’importation
Derrière le discours, l’Alliance assume une stratégie d’“évangélisation”. Une étude de KPMG publiée fin 2025 sert de boussole : une entreprise produisant localement réinjecte en moyenne plus de 80 % de son chiffre d’affaires dans l’économie nationale, contre 35 % pour une entreprise reposant majoritairement sur l’importation. Autrement dit, acheter français ne relève pas du patriotisme de façade, mais d’un calcul économique.
À l’inverse, il y a un réel coût caché de l’importation. Concrètement, “un produit importé peut paraitre moins che
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