Partager la publication "Ni cours, ni profs : bienvenue à l’école démocratique de Paris"
La liberté ? Celle de pouvoir choisir ce qu’on apprend. Quand et comme on veut. L’égalité ? Chaque membre, enfant ou adulte a le même pouvoir dans le fonctionnement de l’école. Quant à la fraternité, elle se conjugue par-delà les classes d’âges.
Dans la cuisine, Manuel, 14 ans, se prépare un bol de céréales ; Tobias, 12 ans, peaufine sa plainte à l’encontre de celui qui a vidé le bocal de bonbons et qui sera discutée demain matin en “conseil de justice” ; et Luna, 4 ans montre à un adulte attentif le dessin qu’elle vient de terminer.
Enfin, point de passage incontournable : le tableau d’affichage avec l’ordre du jour du conseil d’école, celui du conseil de justice et le règlement intérieur évolutif, établi, après vote, par l’ensemble de la communauté. Luna ayant tout autant son mot à dire sur la sortie au musée du Louvre ou le remplacement de la plaque chauffante que David, le cofondateur de l’école.
PAS DE DIRECTEURS, PAS D’ENSEIGNANTS
Pas de programmes, pas de matières. Et encore moins d’objectifs en vue d’un examen ou un diplôme. “Ici on ne promet pas aux parents l’obtention du bac !” Contrairement aux écoles dites alternatives, il n’existe pas même “d’intention pédagogique” mais des apprentissages autonomes.
“La transmission se fait de façon informelle“, poursuit David Lerebours que les enfants appellent par son prénom, “pour l’être humain, naturellement apprenant, la motivation est la source première de tout apprentissage. On apprend à parler, à marcher tout seul. Lorsqu’on en ressent le besoin, l’envie. C’est la même chose pour tous les savoirs. L’enfant est capable de faire ses propres choix, et ce dans tous les domaines de la vie.”
L’École démocratique de Paris n’est pas un ovni porté par quelques illuminés nostalgiques des utopies soixante-huitardes. Trente-sept écoles fonctionnent en France sur le même principe. Depuis l’ouverture de la première, en 2014 à Dijon, cette révolution éducative fait toujours plus d’adeptes, issus plus souvent de la classe moyenne que de Boboland. Si les frais de scolarité s’élèvent à 5 550 euros par an, un système de bourse solidaire a été mis en place pour les familles qui en ont besoin.
Des élèves de Sudbury à Harvard ou Columbia
“J’y ai rencontré des enfants qui n’ont jamais ouvert un manuel scolaire, pas assisté à des cours mais brillants, heureux. Des profs pragmatiques, la tête sur les épaules avec une démarche cohérente, une approche tout ce qu’il y a de sérieux qui vise l’excellence.”
“Aujourd’hui, on a accès au savoir partout et quand on veut. À quoi servent des cours ?”
“Les quinze premiers jours ici je n’ai fait que buller, manger, regarder des séries et puis, peu à peu, j’ai eu plein d’envies. Quand je suis arrivé, Samson, 11 ans, préparait une poêlée de champignons frais, cela m’a marqué ! Moi aussi, aujourd’hui je sais faire plein de choses. Et puis, je peux parler aux adultes. D’égal à égal. J’ai davantage confiance en moi.”
Heureux donc ces libres enfants mais quid de leur avenir ? Récente, l’École démocratique de Paris n’a pas de recul pour répondre à la question mais, explique David Lerebourg, “80 % des élèves de Sudbury sont allés à l’université“. “En ayant obtenu leurs premiers choix dont Harvard, Berkeley, Columbia“, précise Ramïn Farhangi.
Pour ce dernier, comme pour Yazid Arifi, passé par HEC, cofondateur de l’école, aider les enfants à s’émanciper, à s’épanouir, à avoir confiance en eux, à entretenir une relation à l’autre sans compétition, dans l’entraide, est la seule façon de construire une société meilleure. Et de citer Nelson Mandela : “Faire pour nous et sans nous, c’est faire contre nous.”
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