We-Demain-Info-Partenaire

L’humusation, une alternative écologique à l’enterrement

Seriez-vous prêt à être transformé en compost après votre décès ? Voilà le principe de l’humusation, une idée encore illégale mais défendue avec ferveur par la fondation belge “Métamorphose, mourir puis donner la vie”, co-présidée par Francis Busigny, ingénieur en traitement  des eaux,  et Isabelle de  Fraipont, thérapeuthe jungienne.

De but en blanc, le principe peut sembler peu attractif, mais la fondation et les personnes, de plus en plus nombreuses, qui souhaitent être “humusées”, ont des arguments à faire valoir.

​Le rite funéraire ” le plus écologique”

Pour l’instant, l’enterrement et l’incinération sont les deux seules options légales… Et les deux sont polluantes et onéreuses. L’enterrement implique un cercueil, des frais de caveau, d’embaumement (avec ajout de produits chimiques), souligne la fondation. L’incinération, elle, implique des rejets toxiques dans l’atmosphère. 

Face à ce constat, les funérailles écologiques ont le vent en poupe. Il existe notamment des cimetières naturels, des cercueils biodégradables. Ou cette idée d’humusation, qui se pose comme une troisième voie, naturelle et “excellente pour l’environnement”, destinée à “protéger la terre coûte que coûte”. 

​Comment se déroulerait une humusation ?

Tout d’abord, le corps serait enveloppé dans un linceul biodégradable, sans embaumement, le plus naturellement possible, explique la Fondation. Il serait ensuite déposé sur un lit de broyats et de copeaux à même le sol, dans un espace dédié. Le tout serait ensuite recouvert d’une épaisse couche de copeaux humidifiés.

Une chaleur naturelle d’environ 70° se dégagerait alors de cette substance, permettant de tuer les germes pathogènes et d’éloigner les charognards. Au bout de trois mois, les chairs et autres matières molles du corps auraient disparu et ce serait le moment où la substance aurait le meilleur rapport carbone, azote, phosphore pour assurer une bonne décomposition.

Les molécules chimiques accumulées au cours de notre vie dans notre corps se décomposeraient du même coup.

Enfin, un an plus tard, grâce à l’action de l’air, des micro-organismes, des bactéries, des champignons et des vers, nous obtiendrions environ un mètre cube d’humus… soit de quoi fertiliser une centaine d’arbres.

Le texte ci-dessus est rédigé au conditionnel. Et pour cause, l’humusation n’est pour l’heure qu’un projet. Elle doit, avant d’être mise en pratique, être reconnue par les autorités et bénéficier d’un cadre légal –ce pour quoi se bat la Fondation Métamorphose depuis plusieurs années.

Mais l’idée progresse : une pétition en ligne a recueilli 14.000 signatures et l’Université catholique de Louvain vient d’être subsidiée par la Région wallonne pour tester l’humusation sur deux porcs. Les résultats sont attendus pour 2020.

  • Si vous souhaitez en apprendre davantage sur les funérailles écologiques, rendez-vous au Salon Marjolaine. Samedi 3 novembre 2018 : de 17h à 18h30 se tiendra la Ciné-Conférence “Les funérailles écologiques : pour des obsèques respectueuses de l’homme et de la planète”.

Recent Posts

  • Ralentir

Sciences attaquées : nouvelle mobilisation Stand Up For Science

Jeudi 3 avril, des milliers de personnes – agents publics, étudiant·es, chercheur·ses et leurs soutiens…

1 jour ago
  • Respirer

Classer les nuages : quand la science et l’art apprivoisent l’insaisissable

Longtemps insaisissables, les nuages fascinent autant les scientifiques que les artistes, tous désireux de capturer…

1 jour ago
  • Ralentir

Feux dans les Landes en 2022 : tirer les leçons d’une catastrophe annoncée

L’été 2022 a laissé une cicatrice profonde dans la forêt des Landes. Entre manque d’anticipation,…

3 jours ago
  • Déchiffrer

David Christian : “La Terre est en train de devenir consciente d’elle-même”

Pour David Christian, historien et fondateur de la Big History, l’humanité franchit un seuil inédit…

4 jours ago
  • Ralentir

Xavier Caihol : “En montagne, il faut faire le deuil de certains itinéraires et réinventer nos imaginaires”

Face à des parois qui s’effritent et des repères qui vacillent, le glaciologue et guide…

6 jours ago
  • Ralentir

Et si on apprenait à aimer les pommes tachées pour éviter les pesticides ?

Chaque année, la tavelure du pommier entraîne jusqu’à 40 traitements fongicides par verger, mettant à…

1 semaine ago